Numériser la culture bouddhiste ancienne avec Artec Ray à Shenzhen, en Chine

30/06/2020

Par Loretta Marie Perera

Avalokiteśvara : Celui qui incarne la compassion de tous les Bouddhas. Adoré dans des religions et croyances allant de l’hindouisme au taoïsme, Avalokiteśvara est connu sous de nombreux noms et formes, du Chenrezig tibétain au Kanzeon japonais en passant par le Padmapani indien. Dans le bouddhisme chinois, cette représentation de la compassion prend une forme féminine : Guanyin, la déesse de la miséricorde.

Trois dates importantes sont associées à Guanyin, déesse adorée à la fois dans les cultures bouddhiste et taoïste et qui incarnerait la miséricorde pour l’humanité ainsi qu’une source de compassion pour le monde : le 19 février, date de sa naissance supposée, le 19 juin, jour de son éveil – l’état spirituel suprême de vérité, de sagesse et de connaissance dans le bouddhisme –, et le 19 septembre, jour de son renoncement – l’étape finale dans le voyage menant de l’éveil spirituel au détachement le plus total des joies et désirs terrestres.

Lors de ces journées particulières, célébrées dans les communautés bouddhistes à travers le monde, un grand nombre de fidèles visitent les statues de Guanyin, auxquelles ils apportent des cadeaux, des offrandes et des prières, espérant recevoir en échange des bénédictions, une bonne santé, et un accompagnement spirituel. Présente dans des temples en Indonésie et dans des grottes en Inde, la statue de Guanyin montrée ici culmine au sommet d’une montagne à Shenzhen, en Chine.

Un projet de réaménagement du territoire bien entamé exigeait que la statue, très populaire, trouve un autre foyer. Avant son déménagement, certains ont toutefois exprimé le souhait de figer Guanyin telle qu’elle était – paisible et parfaitement installée au-dessus d’une fleur de lotus – dans un souci de préserver la statue dans son cadre originel au cas où elle serait ensuite abîmée.

« Cette statue sera bientôt détruite ou enlevée, commente Ivan Fung de JIE Technologies, partenaire certifié Or d’Artec 3D à Hong Kong. Elle pourrait être installée ailleurs pendant une ou deux années. Notre client LK International – une société d’impression locale dont les employés visitent régulièrement la statue et qui se sont récemment mis à explorer l’impression 3D – voulait la préserver numériquement. Si la statue est abîmée durant son transport, voire détruite, des données numériques seront ainsi disponibles et une statue de remplacement pourra être construite avec une apparence et des détails identiques. »

Artec Ray a pu scanner la statue en entier pour créer un modèle 3D hautement précis.

JIE Technologies avait déjà en tête le scanner parfait pour un objet aussi grand dont les détails exigeaient une attention particulière : Artec Ray.

Dotée de la vitesse et de la précision les plus élevées parmi les scanners 3D longue portée, la technologie laser d’Artec Ray est idéale pour numériser des objets de grande taille tels des avions, des bâtiments, des éoliennes ou – dans ce cas-ci – des statues. Meilleur de sa catégorie pour la précision angulaire, Ray scanne les objets jusqu’à 110 mètres de distance, tandis que les objets scannés à moins de 15 mètres sont numérisés avec une précision de distance submillimétrique. Outre un scan rapide, les données acquises avec Ray sont plus pures, comportent moins de bruit, et sont plus rapides à traiter.

Fung et son équipe n’avaient encore jamais utilisé Ray. « Je suis un gars de l’industrie, la majorité de notre travail de scan est destiné à des applications industrielles et à la rétro-ingénierie, explique-t-il, précisant avoir utilisé les scanners Artec Eva, Leo, et Space Spider à ces fins. Nous avons eu recours à Ray pour scanner la statue, ce qui nous a pris quatre heures – un très bon résultat pour une statue aussi grande. »

À l’aide d’un élévateur de chantier, Artec Ray a été élevé à différentes hauteurs parallèlement au sol et a fait le tour de la statue. Une application iPad a été utilisée pour ce scan – cette fonctionnalité de Ray facilite le scan 3D de grands objets. Après les quatre heures de scan, les données ont été traitées et alignées dans Artec Studio en ce qui a représenté, d’après Fung, une journée de travail habituelle pour ses trois collègues et lui-même.

« Si nous en avions eu besoin, nous aurions pu nous servir d’Artec Eva pour scanner davantage de détails, commente Fung. Mais, à ma grande surprise, Ray a scanné à la perfection tous les détails nécessaires. »

Pour un objet aussi grand, pouvoir utiliser Ray – et uniquement Ray – a procuré de nombreux autres avantages. « Si nous avions eu recours à Leo ou à Eva, je ne pense pas que cela aurait été aussi facile, souligne Fung. Étant donné que nous avions un scanner longue portée tel que Ray, nous avons pu terminer en très peu de temps. »

Les données ont également servi à imprimer de minuscules statues commémoratives.

Capable de scanner sans cibles – une caractéristique d’Artec Studio –, l’équipe a effectué moins de 10 scans, qu’elle a rassemblés lors du traitement des données.

« En matière de qualité de scan, Artec Ray a fourni des résultats meilleurs et plus détaillés que d’autres marques de scanners que nous utilisons. Nous avons pu nous rendre compte que les fichiers étaient bien plus détaillés », commente Fung.

Même s’il s’agissait de leur première utilisation de Ray, ils se sont facilement familiarisés avec.

« Nous avons reçu Ray en novembre, donc nous ne l’avions que depuis un mois. C’était la première fois que nous nous servions de Ray et c’était aussi la première fois que nous faisions un scan parfait », commente Fung.

Avant de commencer le travail, les membres de l’équipe se sont entraînés chez eux, dans leurs bureaux, et dans différents bâtiments. « Le scan lui-même était simple, il suffisait d’appuyer sur un bouton », explique Fung. Le logiciel s’est révélé tout aussi important que le scanner. « Nous avions l’habitude d’Artec Studio », ajoute-t-il. En suivant les instructions données par l’équipe d’assistance d’Artec, Fung et son équipe se sont lancés avec assurance dans leur premier projet impliquant Ray, qui fut une grande réussite.

« Nos clients sont ravis des résultats du scan, dont nous sommes également très satisfaits », souligne Fung.

Outre l’objectif initial de préservation, les données ont également servi à d’autres fins. De minuscules versions de Guanyin ont ainsi été imprimées pour les visiteurs fréquents de la montagne qui souhaitaient avoir un objet commémoratif.

« Nous avons scanné et réduit la statue à 10 ou 15 centimètres. Puis nous avons imprimé le modèle en tant que souvenir », explique Fung.

« Les visiteurs ne peuvent pas acheter la statue originale mais ils peuvent emporter sa version miniature chez eux », ajoute-t-il en riant.

Outre ce scan réussi, le projet a également permis d’ouvrir des possibilités jusque-là absentes du marché chinois. « En Chine, la concurrence est forte pour les autres scanners, explique Fung. Mais Artec Ray ouvre un tout nouveau marché pour nous. »

Grâce au succès de ce projet, JIE Technologies est persuadée que Ray l’aidera à cibler d’autres clients en Chine, tels des musées ou des projets architecturaux. Car il ne s’agit pas uniquement pour elle de mener à bien un projet, mais également de préserver la culture dans un monde en constante évolution.

« En Chine, quand le gouvernement ou les investisseurs veulent utiliser la terre, ils la vendent à un prix très élevé pour gagner le plus d’argent possible. Cette statue devait être déplacée pour permettre l’aménagement et la modernisation du territoire », explique Fung.

« C’est une pratique courante en Chine, et il est important de protéger notre culture. »